Structurer un compte Pinterest Ads : campagnes, groupes, budget
Combien de campagnes, quels groupes d'annonces, où fixer le budget, comment nommer : la structure de compte Pinterest Ads que nous utilisons, sans copier Meta.
Avant ce tutoriel
Ce tutoriel s'adresse aux marques qui ont passé les dix premiers jours de leur compte Pinterest Ads et veulent une architecture lisible avant d'ajouter des campagnes, ou qui gèrent un compte hérité d'une logique Meta et ne s'y retrouvent plus. Il répond aux questions qui reviennent sur les comptes que nous reprenons : combien de campagnes, quoi mettre dans un groupe d'annonces, à quel niveau régler le budget, comment nommer, et comment faire grandir l'ensemble sans le casser. À la fin, vous aurez un compte dans lequel chaque campagne teste une seule chose, se lit en un coup d'œil et peut être coupée ou dupliquée sans toucher aux autres.
Avant de commencer
- Un compte Pinterest Ads qui a traversé sa phase d'apprentissage avec au moins une campagne « Conversions » optimisée au paiement final (voir les dix premiers jours d'un nouveau compte).
- Le tag Pinterest qui remonte les ajouts au panier et les paiements finaux (voir installer le tag Pinterest sur Shopify).
- Une liste, même sommaire, de vos familles de produits, centres d'intérêt candidats et groupes de mots-clés.
- Le budget quotidien que vous pouvez tenir pendant un mois.
Pourquoi cette étape compte
Sur Meta, une structure solide tient en deux ou trois campagnes en budget optimisé (CBO) dans lesquelles l'algorithme répartit la dépense entre les groupes d'annonces. Dans notre vidéo de juin 2025 sur les ajustements qui coûtent cher, nous montrons qu'appliquer cette structure à Pinterest est la première cause de comptes qui retombent à zéro : l'algorithme de Pinterest est très sensible aux changements de budget, et passer une campagne de 40 à 80 € par jour suffit à la renvoyer en phase d'apprentissage. Sur Meta, l'algorithme encaisse ; sur Pinterest, il recommence.
Sur nos comptes, la parade est structurelle. Dans notre vidéo de février 2026 sur les sept erreurs à ne pas faire, la règle est : ne pas toucher au budget, et découper le compte en campagnes qui testent chacune une seule chose. Sur un compte qui dépense autour de 500 € par jour, nous comptons en moyenne quinze à vingt campagnes actives ; dès novembre 2023, dans notre vidéo sur le scaling, nous parlions de dizaines de campagnes au-delà de ce niveau de dépense. Le but n'est pas la complexité : c'est de diluer le risque, d'isoler chaque test et d'éviter que les campagnes se fassent concurrence.
Dans notre vidéo de septembre 2024 sur la structure de campagne, nous expliquons la contrepartie : si une campagne performe et qu'il faut y ajouter des mots-clés, nous ne voulons pas perturber le reste du compte. Avec une structure « en escalier », chaque modification reste locale, et l'on évite la chute de performance de 70 à 80 % qui accompagne chaque phase d'apprentissage. Dans notre post LinkedIn du 17 décembre 2025, nous résumions ce que produit la transposition des réflexes Meta : campagnes coupées à trois jours, budget augmenté brutalement dès que ça marche, puis « Pinterest, ça ne convertit pas ». Ce n'est pas la plateforme qui échoue, c'est l'architecture du compte.
La structure de campagne que nous utilisons sur nos comptes et sa gestion au quotidien (septembre 2024)
Oubliez la structure Meta : une campagne ne teste qu'une chose
Le point de départ est un changement de mentalité plus qu'un réglage. Sur Meta, on met toutes les créas dans une campagne et l'algorithme se débrouille. Sur Pinterest, comme nous le disons dans notre vidéo de février 2026, passer une campagne de 50 à 100 € par jour la renvoie en phase d'apprentissage. Puisqu'on ne peut pas bouger le budget d'une campagne sans la casser, on multiplie les campagnes plutôt que le budget de chacune.
Pinterest se comporte davantage comme un moteur de recherche que comme un fil social : dans notre vidéo de mars 2026, nous le décrivons comme un Google Ads avec quelques options de Meta. Sur un moteur de recherche, on sépare les ciblages pour savoir lequel dépense et lequel convertit.
Posez la liste des ciblages : un par campagne
Une campagne Pinterest ne contient qu'un type de ciblage. Dans notre vidéo de février 2026, nous listons ce que cela donne sur nos comptes : une campagne par groupe de mots-clés, une par centre d'intérêt, une en Performance+, une par angle créatif, une par tranche démographique. Notre vidéo de juin 2025 sur les nouveaux comptes ajoute le shopping, et notre vidéo d'avril 2023 montre des campagnes de retargeting séparées par audience. La liste type, à adapter à votre catalogue :
- Mots-clés : une campagne par thème de recherche (« canapé », puis « canapé gris » si vous testez une couleur).
- Centres d'intérêt : une campagne par centre d'intérêt de premier niveau (« Décoration d'intérieur »), ou par sous-intérêt une fois le premier niveau validé.
- Ventes par catalogue : une campagne dès que votre catalogue compte quelques dizaines de produits ; dans notre vidéo de mars 2026, le repère est une cinquantaine de références.
- Retargeting : une campagne par audience (visiteurs, ajouts au panier, engagement avec les épingles), plutôt qu'une seule qui mélange tout.
- Performance+ : une campagne à part, une fois le compte chaud (étape 9).
- Angle créatif ou segment démographique : une campagne pour isoler une hypothèse (angle « éducatif » contre angle « offre », plus de 40 ans contre l'ensemble).
Pourquoi ne jamais mélanger intérêts et mots-clés : dans notre vidéo de juin 2025, nous constatons que, réunis, le budget part sur les centres d'intérêt dans la grande majorité des cas, autour de 95 % d'après nos relevés, parce que ce sont des poches d'audience plus larges. Vous ne saurez jamais ce que les mots-clés auraient donné.
Dimensionnez le nombre de campagnes selon votre budget quotidien
Le nombre de campagnes suit le budget. Dans notre vidéo de mars 2026 sur les petits budgets, nous démarrons une campagne à 5 € par jour, puis nous en créons une deuxième à 5 € quand la première est validée, et ainsi de suite : le budget du compte est une somme de petites campagnes, entre 5 et 10 € par jour chacune sur ce compte-là. Dans notre guide complet de mars 2024, le départ se situe autour de 10 € par jour avec un budget modeste, et de 50 à 70 € par jour avec plusieurs milliers d'euros pour le premier mois. Les repères que donnent ces vidéos :
- Quelques euros à quelques dizaines d'euros par jour : deux campagnes d'acquisition (intérêts et mots-clés) plus une de retargeting, rien de plus tant que chacune n'a pas validé son palier.
- Entre les deux : les mêmes, plus des thèmes de mots-clés supplémentaires, un second centre d'intérêt et le shopping, ajoutés une campagne à la fois. Nos vidéos ne donnent pas de chiffre pour ce palier : c'est la validation de chaque campagne qui décide de la suivante.
- Autour de 500 € par jour : quinze à vingt campagnes actives, la moyenne donnée dans notre vidéo de février 2026.
- Au-delà : des dizaines de campagnes, souvent réparties par marché.
Construisez les groupes d'annonces : un thème, trois à cinq épingles
Le groupe d'annonces porte le ciblage précis et les créas. Sur nos comptes, un groupe égale un thème : dans le guide complet de mars 2024, nous créons un groupe « mots-clés 1 » avec une trentaine de mots-clés autour d'un produit, puis nous le dupliquons en « mots-clés 2 » sur une déclinaison (une couleur, un second produit) pour comparer où Pinterest dépense. Plusieurs groupes par campagne sont donc normaux, à condition qu'ils restent du même type de ciblage.
Le nombre d'épingles par groupe est stable dans nos recommandations depuis 2022 : trois à cinq. Dans notre vidéo de mars 2026, le plafond est six, parce qu'au-delà Pinterest répartit la dépense de façon presque aléatoire entre les créas ; dans notre méthode de test de novembre 2023, quatre est le repère habituel. Mêlez image fixe et vidéo pour que le compte vous dise lequel il préfère.
Réglez le budget au niveau de la campagne, en quotidien, et ne le doublez jamais
Pinterest permet de fixer le budget au niveau de la campagne ou des groupes d'annonces. Sur nos comptes, il est au niveau de la campagne, ce qui revient à un budget par ciblage puisque chaque campagne n'en contient qu'un : c'est l'architecture « CBO intérêts contre mots-clés » de notre post LinkedIn du 17 décembre 2025.
Deux réglages qui ne se discutent pas : un budget quotidien, pas un budget global, pour une dépense linéaire, sans date de fin, avec un lancement programmé au lendemain tôt le matin (vidéo de mars 2026) ; et une enchère automatique au départ, parce qu'une enchère personnalisée trop basse empêche la campagne de dépenser, donc d'apprendre.
Et la règle qui sépare un compte stable d'un compte en dents de scie : on ne touche pas au budget d'une campagne qui tourne. Dans notre vidéo de novembre 2025 sur le scaling, l'exemple est une campagne à 20 € par jour qui fonctionne et que l'on passe à 50 € : les résultats baissent. Quand nous augmentons malgré tout un budget, c'est sur un compte avec de l'historique et par petites marches : 10 à 15 % par semaine dans cette vidéo, 20 à 30 % au plus dans notre guide du quatrième trimestre d'octobre 2025, avec plus de souplesse uniquement sur les périodes fortes de fin d'année.
Les ajustements qui renvoient une campagne Pinterest en phase d'apprentissage (juin 2025)Nommez pour lire le compte en un coup d'œil
Avec quinze campagnes, un nom ambigu coûte du temps à chaque lecture. Dans notre guide complet de mars 2024, la consigne est un nom cohérent avec le groupe de produits ou le ciblage, au niveau de la campagne comme du groupe d'annonces. Dans nos tutoriels de 2023 et 2024, les campagnes s'appellent « acquisition mots-clés », les groupes « mots-clés » ou « centre d'intérêt », et les campagnes de retargeting portent le nom de l'audience (« visiteurs 30 jours »).
Le principe est toujours le même : objectif, type de ciblage, thème, variante, dans cet ordre. Une manière de l'écrire, à adapter à vos habitudes :
- Objectif : ACQ (acquisition), RTG (retargeting), SHOP (catalogue).
- Type de ciblage : MC (mots-clés), CI (centres d'intérêt), P+ (Performance+), AUD (audience de retargeting).
- Thème : le produit, le centre d'intérêt ou l'audience.
- Marché ou variante : FR, BE, « angle offre », « 40+ ».
Ce qui peut donner « ACQ – MC – canapés – FR » ou « RTG – AUD – ajouts panier 30 j ». Le groupe d'annonces reprend seulement le thème et la variante (« canapés gris », « vidéo éducative »). Une campagne dupliquée garde le préfixe et change le thème.
Contrôlez que les campagnes ne se font pas concurrence
Beaucoup de campagnes, c'est aussi le risque qu'elles visent les mêmes personnes. Dans notre vidéo de septembre 2024, la métrique à surveiller est la fréquence, à ajouter dans les colonnes du tableau (crayon, « Fréquence », appliquer). En acquisition, nous ne dépassons pas 3 ; en retargeting, la fréquence est mécaniquement plus haute et ce n'est pas là qu'on la lit.
Une fréquence qui monte avec un retour qui tient n'est pas alarmante. Une fréquence qui monte pendant que le retour baisse signale un chevauchement (deux campagnes visent la même poche d'audience) ou des créas usées. Dans le premier cas, différenciez les thèmes trop proches ; dans le second, faites tourner les épingles.
Faites grandir la structure par duplication, pas par augmentation
Une fois qu'une campagne a validé son palier, la question est « comment dépenser plus ». Dans notre vidéo de novembre 2025, le schéma est le suivant : le scaling vertical, c'est passer une campagne de 20 à 50 ou 100 € par jour, la méthode Meta ; le scaling horizontal, c'est prendre ce bloc à 20 € et le dupliquer autant de fois que nécessaire pour atteindre le même budget total, chaque copie allant chercher de nouveaux mots-clés, un nouveau centre d'intérêt, une nouvelle créa ou un nouvel angle. La campagne d'origine n'est pas perturbée.
Dans une vidéo d'août 2024 sur un compte à environ 500 € par jour, dix-sept campagnes tournaient ensemble, avec une nouvelle ajoutée pour un marché supplémentaire. Le compte grossit par empilement, palier après palier : la stratégie « en escalier » de notre vidéo de septembre 2024. Les campagnes qui tiennent deviennent des campagnes fil rouge : elles tournent toute l'année, avec des rotations de créas et de mots-clés à un rythme mesuré. Dans notre vidéo d'avril 2023, une campagne qui marche dure en moyenne trois à quatre mois, certaines plus d'un an.
Notre stratégie de scaling Pinterest pour 2026 : dupliquer plutôt qu'augmenter (novembre 2025)Ajoutez Performance+ comme une campagne de plus, pas comme un remplacement
Performance+ ne change pas la logique de la structure ; il y ajoute une ligne. Dans notre vidéo de mars 2026, la règle est simple : si vous ne lancez qu'une seule campagne avec très peu de budget, activez Performance+ ; si vous en lancez plusieurs, testez avec et sans, dans des campagnes séparées. Sur nos comptes, nous chauffons le compte avec des campagnes manuelles, puis nous scalons avec des campagnes Performance+ une fois la traction acquise.
Dans notre vidéo d'avril 2026, nous ajoutons une observation : les campagnes manuelles alimentent les campagnes Performance+, qui s'appuient sur ce que le compte a appris des mots-clés, des centres d'intérêt et des créas. C'est pourquoi nous ne les remplaçons jamais par une seule campagne automatique. Le détail des réglages est dans Pinterest Performance+ : quand l'activer, quand s'en passer.
Ce que vous devez voir
- Une liste de campagnes dans laquelle chaque ligne teste un seul ciblage : mots-clés, centre d'intérêt, catalogue, audience de retargeting ou Performance+.
- Des groupes d'annonces d'un seul thème, avec trois à cinq épingles chacun, image et vidéo mélangées.
- Un budget quotidien par campagne, inchangé depuis son lancement ; la dépense du compte a augmenté par ajout de campagnes.
- Une convention de nommage appliquée partout, qui permet de trier la liste par objectif et par ciblage.
- La colonne Fréquence dans le tableau, sous 3 sur les campagnes d'acquisition.
Ce qui va mal, en général
- Le compte a la structure Meta. Deux ou trois campagnes CBO avec tout dedans. À la première modification de budget, les ventes retombent. C'est l'erreur numéro cinq de notre vidéo de février 2026.
- Centres d'intérêt et mots-clés dans le même groupe d'annonces. Le budget part sur les intérêts ; les mots-clés n'ont jamais été testés.
- Le budget d'une campagne qui marche a été doublé. Retour en apprentissage, chute de 70 à 80 %, puis la campagne est coupée parce qu'« elle ne marche plus ».
- Huit ou dix épingles par groupe d'annonces. La dépense se disperse ; aucune créa ne reçoit assez pour être jugée.
- Des campagnes dupliquées identiques. Même ciblage, mêmes créas : elles se font concurrence et la fréquence monte sans que le retour suive.
- Une seule campagne Performance+ à la place de tout. Le compte n'a plus de campagnes manuelles pour l'alimenter.
- Un nommage improvisé. « Test 3 », « Nouvelle campagne (copie) » : personne ne sait plus ce qui a été testé.
Pour passer un compte existant en revue point par point, voir les sept erreurs que nous voyons le plus sur les comptes Pinterest Ads.
Combien de campagnes pour démarrer un compte ?
Deux campagnes d'acquisition, une pour les centres d'intérêt et une pour les mots-clés, puis une campagne de retargeting vers le cinquième jour. Les autres lignes s'ajoutent une par une, quand la précédente a validé son palier.
Le budget se règle-t-il au niveau de la campagne ou du groupe d'annonces ?
Pinterest propose les deux. Sur nos comptes, il est au niveau de la campagne, parce que chaque campagne ne contient qu'un type de ciblage. Ce qui compte n'est pas le niveau, c'est de ne pas mettre deux ciblages sous un même budget.
Peut-on avoir plusieurs groupes d'annonces dans une même campagne ?
Oui, s'ils sont du même type de ciblage : deux thèmes de mots-clés dans une campagne mots-clés, deux sous-intérêts dans une campagne centres d'intérêt. Jamais intérêts et mots-clés côte à côte.
On lit souvent qu'il vaut mieux deux ou trois campagnes bien dotées : pourquoi en multiplier ?
Parce que ce conseil vient de Meta. Sur Pinterest, c'est le changement de budget qui renvoie une campagne en apprentissage, pas le nombre de campagnes. La limite est réelle dans l'autre sens : une campagne doit dépenser assez pour produire des achats. D'où l'ordre que nous suivons : une campagne à la fois, et la suivante seulement quand la précédente a validé son palier.
Quand peut-on augmenter le budget d'une campagne existante ?
Sur un compte avec plusieurs mois d'historique, par marches de 10 à 15 % par semaine au plus. Sinon, on duplique : une nouvelle campagne au même budget, avec un ciblage ou un angle différent.
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